Licenciement pour refus de proposition de reclassement
Un salarié inapte peut être licencié pour refus de proposition de reclassement valide.
Retour sur la décision de la Cour de cassation du 13 mars 2024, n°22-18.758
1/ Rappel des faits
Dans cette affaire, une salariée, déclarée inapte à son poste, a refusé une proposition de reclassement qui était conforme aux préconisations du médecin du travail, qui impliquaient un passage à temps partiel.
Elle estimait que ce reclassement constituait une modification de son contrat de travail, puisqu’il entrainait une baisse de rémunération et qu’elle pouvait donc légitimement le refuser.
L’employeur a procédé à son licenciement pour inaptitude, qu’elle a contesté.
2/ Décision de la Cour
a- La Cour de cassation rejette la décision de la Cour d'appel
La Cour d’appel a donné raison à la salariée, en s’alignant sur le raisonnement de cette dernière.
À tort, selon la Cour de cassation ! En effet, celle-ci affirme que le licenciement d’une salariée déclarée inapte à son poste est justifié dès lors que la salariée a refusé un poste conforme aux préconisations du médecin du travail proposé par l’employeur. Il importe peu que ce reclassement entraîne une baisse de la rémunération, l’obligation de reclassement étant satisfaite.
b- Résultat de l'affaire
Le licenciement est valable, car la proposition de reclassement était conforme aux consignes du médecin du travail.
Zest' Avocats vous recommande :

Grossesse et rupture du contrat : la Cour de cassation rappelle le régime probatoire spécifique en matière de discrimination liée à la grossesse
Dans cette affaire, une salariée, embauchée avec une période d’essai, a annoncé sa grossesse à son employeur. Quelques semaines plus tard, l’employeur a rompu sa période d’essai.

Accident de trajet et ancienneté : pas de prise en compte pour le calcul de l’indemnité légale de licenciement
Dans cette affaire, un salarié a pris acte de la rupture de son contrat de travail, puis a saisi la juridiction prud’homale afin d’obtenir la requalification.

Elections professionnelles : absence de délégué syndical
L’employeur ne peut invoquer l’absence de délégué syndical lorsqu’il n’a pas organisé les élections professionnelles.

Prêt de main-d’œuvre : l’entreprise prêteuse demeure l’employeur du salarié !
Dans cette affaire, un salarié, embauché par une entreprise française (entreprise prêteuse), a été mis à disposition de sa filiale à l’étranger (entreprise utilisatrice) dans le cadre d’une mission.
