Licenciement du salarié protégé & élection CSE
Attention aux candidatures frauduleuses à l’élection du CSE !
Retour sur la décision de la Cour de cassation du 18 octobre 2023, n°22-11.339
1/ Rappel des faits
Dans cette affaire, un salarié a présenté sa candidature aux élections du CSE un jour avant sa convocation à entretien préalable à un éventuel licenciement.
Finalement licencié pour faute grave, il a saisi la juridiction prud’homale en invoquant la nullité de la mesure, en raison de la protection dont il bénéficiait du fait de sa candidature.
En effet, l’employeur, qui estimait que celle-ci était frauduleuse en raison de la connaissance par le salarié de la procédure à venir, n’a pas demandé d’autorisation de licenciement.
2/ Décision de la Cour
La Cour de cassation a toutefois accédé à la demande du salarié ! En effet, l’employeur aurait dû contester la candidature de celui-ci, dans un délai de 15 jours, conformément aux dispositions de l’article R. 2324-24 du code du travail.
Elle affirme que l’employeur qui s’est abstenu de le faire « n’est pas recevable à alléguer le caractère frauduleux de la candidature du salarié pour écarter la procédure d’autorisation administrative de licenciement ».
Zest' Avocats vous recommande :

Grossesse et rupture du contrat : la Cour de cassation rappelle le régime probatoire spécifique en matière de discrimination liée à la grossesse
Dans cette affaire, une salariée, embauchée avec une période d’essai, a annoncé sa grossesse à son employeur. Quelques semaines plus tard, l’employeur a rompu sa période d’essai.

Accident de trajet et ancienneté : pas de prise en compte pour le calcul de l’indemnité légale de licenciement
Dans cette affaire, un salarié a pris acte de la rupture de son contrat de travail, puis a saisi la juridiction prud’homale afin d’obtenir la requalification.

Elections professionnelles : absence de délégué syndical
L’employeur ne peut invoquer l’absence de délégué syndical lorsqu’il n’a pas organisé les élections professionnelles.

Prêt de main-d’œuvre : l’entreprise prêteuse demeure l’employeur du salarié !
Dans cette affaire, un salarié, embauché par une entreprise française (entreprise prêteuse), a été mis à disposition de sa filiale à l’étranger (entreprise utilisatrice) dans le cadre d’une mission.
