Salarié étranger : absence de demande de renouvellement du titre de séjour
Retour sur la décision du 29 novembre 2023, n° 22-10.004
1/ Rappel des faits
Dans cette affaire, un employeur a demandé à un salarié étranger de lui faire parvenir son nouveau titre de séjour, au plus tard sept jours avant l’expiration de celui en cours de validité. Le salarié s’étant abstenu de le faire, il a été licencié pour absence de titre de séjour lui permettant de travailler sur le territoire français.
2/ Décision de la Cour
La Cour d’appel a jugé ledit licenciement sans cause réelle et sérieuse, estimant que le salarié bénéficiait d’un délai de trois mois, une fois la date d’expiration de son titre de séjour passée, pour régulariser la situation, durant lequel il conserve tous ses droits sociaux, en application de l’article L.311-4 du CESEDA.
Toutefois, la Cour de cassation n’est pas de cet avis.
Elle rappelle que, pour pouvoir se prévaloir de l’article L.311-4 du CESEDA précité et ainsi du maintien de ses droits sociaux durant trois mois après l’expiration de son titre de séjour, le salarié doit avoir effectué une demande de renouvellement de son titre de séjour dans les deux mois qui précèdent la date d’expiration de celui en cours de validité, en vertu de l’article R.311-2 4° du même code (dans sa rédaction antérieure au décret n° 2019-141 du 27 février 2019).
Tel n’était pas le cas en l’espèce. Le licenciement du salarié était donc justifié.
Zest' Avocats vous recommande :

L’accord de performance collective
L’accord de performance collective (APC) permet aux entreprises d’adapter leur organisation aux évolutions du marché.

Liberté d’expression des salariés : méthode d’appréciation des sanctions disciplinaires précisée par la Haute juridiction
La Cour de cassation a précisé les contours de la liberté d’expression du salarié et la méthode d’appréciation des atteintes éventuellement portées à cette liberté par la notification de sanctions disciplinaires.

Prise en compte des congés payés dans le calcul des heures supplémentaires
Un salarié, dont le temps de travail était décompté sur une période de deux semaines, a saisi le conseil de prud’hommes afin d’obtenir le paiement de diverses sommes, notamment au titre des heures supplémentaires.

Le juge du fond n’est pas tenu de faire droit à une demande de mise à disposition des listes d’émargement dans un contentieux en annulation des élections du CSE.
Le juge du fond n’est pas tenu de faire droit à une demande de mise à disposition des listes d’émargement dans un contentieux en annulation des élections du CSE.
